Connaissez-vous l’architecture bioclimatique ?7 minute(s) de lecture

15/05/2018
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Face aux enjeux environnementaux de notre siècle, on se sent souvent impuissant. Pourtant, chacun d’entre nous peut agir en limitant son impact sur l’environnement. Des déchets que l’on produit à notre alimentation en passant par nos habitudes de consommation et de vie. Des idées qui commencent à faire leur chemin dans la société. Mais il y a encore un domaine où l’on ne pense pas assez à l’environnement : la construction. Pourtant, des solutions existent pour bâtir des logements en minimisant l’impact environnemental. C’est l’architecture bioclimatique qui, en prime, tire parti des ressources de l’environnement pour diminuer, voire supprimer, la consommation d’énergie. Conception, matériaux, aspects pratiques, coût : on vous dit tout sur l’architecture bioclimatique.

 

Qu’est-ce qu’une maison bioclimatique ?

Une maison bioclimatique est une construction qui utilise au maximum les ressources de son environnement dans l’objectif de diminuer – ou supprimer – sa consommation d’énergie. Il s’agit également de minimiser son impact sur l’environnement, par exemple en choisissant des matériaux durables et non polluants. En somme, c’est une maison dans laquelle on se sent bien, sans gaspiller de ressources et sans faire de mal à la planète.

Les principes de base sont de se protéger du vent, d’utiliser le maximum le soleil en hiver et de s’en protéger en été. On parle alors de confort thermique ! Cela passe par l’orientation, l’isolation, le choix des matériaux, etc. Tout cela peut même mener à la conception d’une maison passive, c’est-à-dire qui n’a pas besoin de chauffage. Ou même d’une maison à énergie positive, qui produit plus d’énergie qu’elle n’en consomme !

 

Comment construire une maison bioclimatique ?

Pour construire une maison bioclimatique, il faut donc avant tout s’intéresser à l’orientation de celle-ci. La façade Sud doit recevoir le maximum d’ensoleillement en permanence. Les façades Est et Ouest doivent elles être les plus exposées au soleil en été. S’il faut s’en préoccuper en premier lieu, c’est que cela va avoir une incidence sur la répartition des pièces de la maison. Les pièces à vivre (salon, salle à manger, cuisine) doivent être orientées Sud. Les pièces les plus petites et qui ne nécessitent pas de très hautes températures (WC, salle de bain, buanderie) seront elles exposées Nord. Les chambres peuvent être se situer à l’Est ou à l’Ouest.

Une maison bioclimatique tire aussi parti du sol, par exemple en installant un puits canadien. Le principe est de faire transiter l’air de renouvellement par des tuyaux enterrés avant qu’il n’atteigne la maison. Cela réchauffe la maison en hiver et la rafraîchit en été. Il est aussi possible de tirer parti de la végétation, avec un toit ou un mur végétalisé qui va rafraîchir la maison en été et naturellement dégager de la vapeur d’eau. Le vent peut lui aussi être exploité : haies, arbres, maisons voisines peuvent fournir une bonne protection contre les intempéries. L’optimisation de votre toiture se révèle également efficace : si elle est plus basse du côté où les vents soufflent, l’impact sera limité.

 

Quels matériaux utiliser pour une maison bioclimatique ?

Pour limiter les émissions de carbone et la consommation d’énergie, l’utilisation de matériaux de construction durables est essentielle. De manière générale, on privilégie les matériaux locaux : un geste pour la planète et le portefeuille, car il y a beaucoup moins de coûts impliqués. Il existe également aujourd’hui une grande offre de matériaux recyclés dans les magasins conventionnels. En auto-construction, une optique intéressant est l’upcycling, par exemple en chinant des matériaux ou en les récupérant sur des chantiers.

 

En règle générale, les matériaux d’origine animale, végétale ou minérale sont idéaux. En effet, quoi de mieux que ce que nous offre la nature pour une construction bioclimatique ? Parmi les principaux matériaux utilisés en architecture bioclimatique, on trouve la brique monomur. Avec une largeur presque doublée par rapport à la brique classique, elle isole naturellement (dans les régions chaudes, pas besoin d’ajouter un isolant), laisse respirer les murs et protège de l’humidité et des moisissures.

Le liège peut être utilisé comme isolant extérieur. Le plus, c’est qu’il apporte aussi une isolation phonique. En complément de ce dernier, il est possible d’utiliser des panneaux en fibre de bois, qui sont étanches à l’air et perméables à la vapeur d’eau. Ils sont fabriqués à partir de déchets de scierie agglomérés. Un beau geste pour la planète ! Pour le revêtement du sol, la terre cuite non émaillée est idéale car elle stocke et diffuse la chaleur de manière optimale.

 

Quelques aspects pratiques à prendre en compte

 

Le chauffage d’une maison bioclimatique

Dans une région au climat tempéré, une maison bioclimatique peut couvrir jusqu’à 75% de ses besoins en chauffage grâce au soleil. La question du chauffage n’est donc plus une priorité ! Un poêle à bois est donc suffisant pour atteindre rapidement une température agréable en hiver. Ou encore un chauffage électrique alimenté par des panneaux solaires thermiques.

L’isolation

La principale caractéristique d’une maison bioclimatique, c’est souvent une isolation exceptionnelle. Exit le trio parpaing-isolant-placo, très répandu en France mais pas si efficace et surtout peu écologique. De manière générale, on privilégie l’isolation par l’extérieur, qui permet d’éviter les ponts thermiques et apporte une bonne inertie des murs intérieurs. C’est-à-dire qu’ils vont retenir la chaleur en hiver et la fraîcheur en été. Pour une isolation par l’extérieur, le liège est fortement recommandé. Les vitrages doivent être au moins doubles. Le top, c’est le triple vitrage, qui est généralement plus isolant que le mur qui l’entoure ! Pour les toitures, l’ouate de cellulose allie efficacité et faible impact environnemental.

L’alimentation en eau

Beaucoup de maisons bioclimatiques utilisent un système de récupération de l’eau de pluie. Bien sûr, il faut un double circuit d’eau. Celui d’eau de pluie pour alimenter le WC, le lave-linge, etc. Les robinets sont eux raccordés au réseau municipal. Dans le Nord de la France, les constructeurs conseillent une cuve de 4m3  et de 6m3 dans le Sud. Elle devra être enterrée pour éviter de pomper de la glace en hiver.

Enfin, construire une maison bioclimatique et continuer à chauffer toute son eau avec un cumulus serait dommage ! Il existe des chauffes-eau solaire, qui permettent de réduire la facture d’eau chaude de 50% à 80% et couvre au moins 50% des besoins d’une famille.

La production d’électricité

Une maison bioclimatique consomme peu ou pas d’énergie. Des panneaux solaires photovoltaïques ou une petite éolienne peuvent suffire. Toutefois, il y a différents critères à prendre en compte : lieu, coût, rentabilité souhaitée, etc.

La pureté et la salubrité

Une maison bioclimatique est aussi propre et salubre qu’une construction classique. La ventilation est même au cœur du système ! Le puits canadien, dont on vous parlait plus haut, peut être couplé à une VMC double flux. L’air neuf est aspiré par une cheminée située à environ dix mètres de la maison, passe sous terre puis rejoint la VMC. A l’arrivée, l’air est frais en été et tiède en hiver. L’installation d’une véranda permet en outre de réchauffer l’air issu de la VMC avant qu’il pénètre dans votre maison.

 

Combien coûte une maison bioclimatique ?

On peut facilement s’imaginer que la construction d’une maison bioclimatique est hors de prix. C’est généralement faux. On trouve des plans de maison bioclimatique de 100m² (trois chambres) aux alentours de 100 000 € la construction. Difficile en revanche de donner un prix au mètre carré précis, puisque cela dépend autant des matériaux utilisés que du degré de finition.

Le travail de conception et de réflexion étant conséquent pour une construction bioclimatique, il est fortement conseillé de passer par un architecte. Les honoraires varient de 700 à 1800€ TTC au mètre carré.

Pour les plus petits budgets, une bonne solution peut être d’opter pour une maison bioclimatique en kit ou hors d’eau, hors d’air. Pour cette dernière option, le constructeur livre la maison toiture et menuiseries extérieures posées. Restent à la charge du propriétaire les travaux d’isolation, le revêtement des sols, la pose des portes intérieures et les travaux d’aménagement. Pour une construction bioclimatique hors d’eau, hors d’air, comptez entre 400 et 600€ le mètre carré. Pour une maison bioclimatique clé en main, on sera plutôt entre 1000 et 1800€ le mètre carré. Elle est alors livrée équipée d’une cuve à eau et de panneaux photovoltaïques.

 
 

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