Quand l’art rencontre les énergies renouvelables5 minute(s) de lecture

09/05/2018
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“L’énergie renouvelable peut être belle.” C’est la devise du Land Art Generator Initiative (Lagi), une association à but non-lucratif qui allie art et énergies renouvelables. Tous les deux ans, l’association organise un concours dans une ville différente et des centaines d’artistes proposent leurs créations aussi esthétiques qu’utiles. Abu Dhabi, New York, Copenhague et Santa Monica se sont déjà prêtées au jeu. En 2018, c’est Melbourne qui accueille la cinquième édition du Lagi.

 
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L’art n’est pas seulement esthétique. Depuis des siècles, les artistes ont prouvé qu’ils pouvaient aussi apporter des solutions aux problématiques de leur époque. Il n’est donc pas étonnant que bon nombre d’entre eux produisent aujourd’hui des oeuvres qui entendent réduire les effets du réchauffement climatique.
C’est en partant de ce constat que Robert Ferry, architecte de l’impact positif, et Elizabeth Monoian, artiste interdisciplinaire, ont créé en 2008 l’association Lagi : Land Art Generator Initiative. Tous les deux ans depuis 2010, l’association organise un concours dans une grande ville partenaire. Des artistes du monde entier sont invités à imaginer des oeuvres qui combinent esthétique et génération d’énergie renouvelable. La ville d’accueil peut alors choisir de faire réaliser ces oeuvres. Mais d’autres villes peuvent également contacter les participants pour réaliser ou faire adapter leurs créations.

 

Un pont qui couvre la consommation électrique de 1200 foyers

En 2012, la deuxième édition du Lagi se tenait à New York. Et plus précisément à Freshkills Park, le plus grand jardin public de la métropole : trois fois la taille de Central Park ! Les gagnants, James Murray et Shota Vashakmadze, originaires d’Atlanta, avaient proposé une oeuvre appelée “Scene-Sensor // Crossing Social and Ecological Flows” (à la rencontre des circulations sociales et écologiques). Il s’agit d’une série de générateurs piézoélectriques, qui peuvent générer jusqu’à 5500 MWh (mégawatt/heure), de quoi couvrir la consommation électrique de 1200 foyers. Leur installation se sert du vent des marées et des mouvements humains (piétons, cyclistes, automobilistes) pour générer de l’électricité dans un immense couloir futuriste qui a vocation à être construit au dessus du pont existant. Un projet qui pourrait donc s’adapter n’importe où !

 

Un sablier mais aussi une centrale solaire

En 2014, le terrain de jeu des participants était un parc situé sur un ancien chantier naval du port de Copenhague. La capitale du Danemark était cette année-là la capitale verte de l’Europe. Peu étonnant puisqu’elle a l’ambition de devenir, en 2025, la première métropole du monde neutre en carbone. Et les projets du Lagi pourraient largement y contribuer !

Le vainqueur, l’architecte argentin Santiago Muros Cortés, proposait un sablier large de 50 mètres, s’étendant sur la mer, à la pointe de la presqu’île de Refshaleøen. Entre les parties supérieures et inférieures de ce monument, ce n’est pas du sable qui s’écoule, mais un intense rayon lumineux. Solar Hourglass est une centrale solaire, capable d’alimenter 650 foyers en électricité. Dans le creux de la coupelle supérieure, des centaines de miroirs reflètent les rayons pour les diriger vers un réservoir contenant un fluide qui transporte la chaleur. Dans la coupelle inférieure, ce fluide réchauffe de l’eau qui se transforme en vapeur et actionne une turbine produisant de l’électricité. En prime, une faible part de la vapeur est libérée au centre du sablier, pour rendre visible aux promeneurs le faisceau lumineux qui le traverse. “Mon idée rappelle que l’énergie est aussi précieuse et éphémère que le temps et que nous devons donc prendre soin d’elle, l’apprécier et ne pas la gaspiller”, commentait l’architecte. Solar Hourglass est donc une centrale solaire, un lieu touristique et une invitation à la réflexion !

 

 

D’autres participants proposaient d’utiliser l’énergie solaire. Comme un canard géant (Energy Duck) imaginé par une équipe londonienne. Haut comme un immeuble de douze étages et couvert de panneaux solaires, il aurait flotté près des rives. Trois designers américains avaient eux imaginé une série de piscines intérieures et extérieures, chaudes ou froides, connectées à un “étang solaire”. De quoi créer une étendue de panneaux photovoltaïques de 14 700 m².

 

Des voiles qui génèrent des millions de litres d’eau potable

 

 

L’édition 2016 était accueillie par la ville de Santa Monica, en Californie. Un terrain de jeu particulièrement intéressant puisque les participants pouvaient utiliser les énergies houlomotrices et marémotrices ainsi que les technologies éoliennes, solaires, etc. Leur défi : imaginer des oeuvres qui, en plus de leur beauté conceptuelle, puissent exploiter proprement l’énergie de la nature et de la convertir en électricité et/ou en eau potable.

Car, maintenant, plus que jamais, l’énergie et l’eau sont intimement liées. La Californie sera confrontée à de graves pénuries d’eau dans les années à venir. Ainsi, la quantité d’énergie nécessaire à la production et à la transmission de l’eau ne fera qu’augmenter.

Une édition qui est venue compléter les efforts déjà faits par la ville pour augmenter l’efficacité de la consommation d’eau et récolter l’eau de façon durable. La jetée de Santa Monica étudie depuis quelques années des moyens de réduire l’utilisation de l’eau potable sur place, comme l’utilisation de l’eau de mer recyclée pour le rinçage des toilettes par exemple.

C’est le projet Regatta H2O, de Christopher Sjoberg et Ryo Saito, qui a remporté le concours. Il s’agit de 44 voiles fabriquées à partir d’un matériau de treillis de haute technologie et capables de récolter le brouillard côtier pour générer jusqu’à 112 millions de litres d’eau potable par an. Des veines à la surface des voiles servent de collecteurs d’humidité puis acheminent l’eau recueillie vers un mât central, qui à son tour pompe le liquide jusqu’à un ensemble de conteneurs de stockage sur la rive.

 

Gagnants ou pas, tous ces projets donnent espoir. Avec un peu d’imagination, nous pouvons imaginer des solutions pour une énergie renouvelable et propre. Avec des projets qui, en plus, sont agréables à regarder ! Et peuvent généralement s’adapter un peu partout dans le monde.
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