Débriefing du 10 octobre : grève dans la fonction publique, un attentat préparé depuis une prison, la sécurité des centrales nucléaires face au risque terroriste inquiète9 minute(s) de lecture

10/10/2017
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400 000 agents publics étaient en grève ce mardi

Selon les première estimations de la CGT, 400 000 agents publics ont fait grève et manifesté dans toute la France ce mardi 10 octobre. Ils dénoncent une “série d’attaques” du gouvernement à leur égard : suppression de 120 000 postes d’ici à la fin du quinquennat, gel des rémunérations, rétablissement du jour de carence, remise en cause de leur statut.

Pour la première fois depuis dix ans, les trois versants de la fonction publique (Etat, hospitalière, territoriale) étaient réunis. Dans les cortèges partout en France, ils dénoncaient un “ras-le-bol” général, à l’appel des neuf fédérations de fonctionnaires (CGT, CFDT, FO, UNSA, FSU, Solidaires, CFE-CGC, CFTC et FA).

A Paris, 45 000 personnes se seraient jointes au cortège. Ils étaient entre 6 400 et 12 000 à Lyon, entre 5 500 et 8 000 à Nantes, entre 5 000 et 10 000 à Bordeaux, entre 3 900 et 9 000 à Rouen, entre 1 400 et 3 000 à Saint-Denis de la Réunion.

La grève s’est aussi traduite par des fermetures de crèches, d’établissements scolaires – où le service minimum prévu par la loi n’a pas toujours pu être assuré – et de nombreux services publics.

Le ministère de l’éducation nationale a annoncé 17,5 % de grévistes chez les enseignants, qui auraient été plus nombreux dans le primaire (20%) que dans le second degré (16 %). La FSU parlait elle de 50 % de grévistes dans le primaire.

A Pôle emploi, 12 % du personnel se serait mis en grève. Côté ciel, 30 % des vols ont été annulés préventivement en raison de la grève des agents de l’Aviation civile, qui emploie majoritairement des fonctionnaires.

Le ministre chargé de la fonction publique, Gérald Darmanin, a annoncé qu’un rendez-vous salarial aurait lieu le 16 octobre. Il a répété qu’ “aucun agent public ne verra son salaire baisser”.
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Deux détenus de la prison de Fresnes mis en examen pour un projet d’attentat

Vendredi 6 octobre, deux détenus soupçonnés d’avoir envisagé un projet d’attentat depuis leur cellule à Fresnes (Val-de-Marne), ont été mis en examen. Il s’agit d’un Camerounais de 28 ans et d’un Français de 22 ans, qui étaient tous deux sur le point d’être libérés. Le premier était incarcéré après un braquage et était connu des services de police pour des faits de vols, violences et d’outrages. Le second était lui incarcéré pour des délits de droit commun. Considérés comme radicalisés, ils étaient tous les deux surveillés par les services de renseignement depuis plusieurs mois.

Après des perquisitions dans leurs cellules la semaine dernière, ils ont été placés en garde à vue et mis en examen pour “association de malfaiteurs terroristes criminelle”.

D’après l’enquête de la DGSI, les suspects envisageaient de braquer une bijouterie pour financer un projet d’attentat. Plusieurs cibles ont été évoqués, comme des gardiens de prison ou des policiers dans un commissariat.

Il est possible que les deux hommes aient des complices dans ce projet. Ils auraient été en contact téléphonique avec des détenus radicalisés dans d’autres établissements pénitentiaires. Ils auraient également échangé plusieurs messages avec une personne située en zone irako-syrienne.

 

Greenpeace s’inquiète de la mince protection des centrales nucléaires françaises face au risque terroriste

Greenpeace publiait ce mardi un rapport sur la sécurité des centrales nucléaires face au risque terroriste. Mais les conclusions des experts mandatés par l’ONG sont si inquiétantes que seule une version expurgée des informations les plus sensibles a été rendue publique. Seules sept copies de ce rapport ont été remises par le directeur général de Greenpeace France, Jean-François Julliard, à des hauts fonctionnaires en charge des questions de défense et sécurité au sein des institutions Agence de sûreté nucléaire (ASN), Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), et le Commandement spécialisé pour la sécurité nucléaire de la gendarmerie nationale (Cossen) et du gouvernement.

Sept experts du nucléaire et du terrorisme – trois Français, une Allemande, deux Britanniques et un Américain – ont travaillé à “identifier les failles de sécurité” des 19 centrales françaises.

L’un des points les plus sensibles est la sécurité des piscines de refroidissement. C’est là qu’est entreposé provisoirement le combustible nucléaire irradié. Les structures qui abritent ces piscines possèdent des murs d’environ 30 cm d’épaisseur. Une protection bien plus faible que les parois de béton des bâtiments des réacteurs, dont l’épaisseur avoisine les 60 à 100 cm.

Si des failles comme celle-ci existent, c’est parce que “Nous connaissons un déficit historique de la protection de nos installations (…). À l’époque du lancement du programme nucléaire français, l’attention a été portée uniquement sur le risque d’emballement du cœur du réacteur. L’évolution du risque terroriste en quarante ans change tout”, selon Yves Marignac, l’un des contributeurs du rapport.

Mais le renforcement des 62 piscines de refroidissement et des 58 réacteurs coûterait “entre 140 et 222 milliards d’euros” selon les experts. Soit trois à cinq fois plus que ce qu’EDF a prévu de dépenser pour prolonger la durée de vie des centrales.

 

Une substance radioactive détectée dans l’atmosphère dans deux villes du Sud de la France

Plusieurs réseaux européens de surveillance de la contamination radioactive dans l’atmosphère ont détecté des traces d’une pollution d’origine nucléaire dans l’air, à des niveaux faibles mais suffisants pour alerter les spécialistes.

La substance en question est le ruthénium 106. Cet élément n’est pas présent à l’état naturel dans l’environnement. Il s’agit d’un produit de fission issu de l’industrie nucléaire. En France, il a été identifié à l’état de “traces” par deux stations de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) à la Seyne-sur-Mer (Var) et à Nice (Alpes-Maritimes). L’institut se veut rassurant et précise que ces niveaux “ne sont pas de nature à générer des effets sanitaires”. Des niveaux de pollution comparables ont par ailleurs été observés en Europe.

D’après l’IRSN, cette pollution radioactive viendrait de Russie : “Il semble que les masses d’air contaminées mesurées en Europe aient pour origine les régions sud de l’Oural”. L’institut “ne dispose pas d’information pouvant confirmer la fin de ces rejets”. Les niveaux de pollution ne présentent apparemment pas de danger en France mais cela n’en est pas forcément de même près du foyer de contamination : “Il apparaît que des mesures de protection des populations auraient pu être nécessaires à proximité du lieu des rejets“.

Selon l’institut, il ne s’agirait pas d’un accident sur un réacteur nucléaire puisque – dans un tel scénario – d’autres radionucléides auraient été détectés. Un accident lors d’opérations de retraitement de combustible nucléaire ou l’incinération par accident d’une source radioactive médicale sont les deux hypothèses les plus probables.

 

La France accueillera 10 000 réfugiés politiques supplémentaires

Dans les prochaines semaines, la France va démarrer des missions au Niger et au Tchad pour identifier des personnes pouvant bénéficier du droite d’asile. Les agents s’appuieront sur des listes proposées par le Haut Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR), a annoncé Emmanuel Macron lundi 9 octobre. Ces missions menées par l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) ont également pour but de “mieux prévenir la situation depuis le Niger et le Tchad pour prévenir un afflux de migrants économiques” qui ne sont pas éligibles au droit d’asile, a expliqué le président.

Sur les deux prochaines années, la France ouvrira 10 000 places à ces réfugiés venus du Niger et du Tchad mais aussi de Turquie, du Liban et de Jordanie. Parmi eux, 3 000 seront issus des “missions de protection avancées” de l’Ofpra au Niger et au Tchad.

La France devrait prochainement réaliser des “modifications législatives et réglementaires” pour rapprocher sa politique d’organisation de l’asile avec celle de Allemagne. Emmanuel Macron a rappelé que la France doit mieux accueillir ceux qui ont droit à l’asile, mais aussi être “beaucoup plus rigoureuse dans la reconduite aux frontières” des migrants économiques, qui n’ont pas droit à ce statut.

Le président a également annoncé une augmentation de 10 millions d’euros des participations de la France au HCR et à l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Il souhaite que cet argent serve notamment à appuyer leurs actions en Libye pour une protection des personnes “au plus près des zones de conflits”.

 

De violents incendies ravagent la Californie

Depuis dimanche, une série d’incendies se sont déclenchés dans le nord de la Californie, notamment dans les régions viticoles de Napa et Sonoma. Pour l’heure, dix personnes sont mortes et des milliers d’habitations ont été détruites. Selon les autorités, près de 20 000 personnes ont fui alors que 32 000 hectares ont ravagés par les flammes.

En moins de 24 heures, “plus de 18 feux se sont déclarés et ont détruit plus de 2 000 habitations” déclarait de le gouverneur de Californie, l’État le plus peuplé du pays, Jerry Brown. A cause des vents à plus de 90 km/h, les destructions devraient s’accélérer et le bilan humain pourrait s’alourdir. L’état d’urgence a été déclaré dans huit comtés. Au parc d’attractions Disneyland, le ciel est devenu orange à cause des fumées. Pas directement menacé par les flammes, le site reste ouvert.

 

Loiret : deux aides-soignantes retrouvées ligotées dans une maison de retraite

Tôt lundi 9 octobre, des aides-soignantes de la maison de retraite de Chevilly (Loiret), au nord d’Orléans, ont été retrouvées ligotées. Très choquées, elles ont été prises en charge pour un suivi psychologique à l’hôpital d’Orléans.

Selon les enquêteurs, des hommes cagoulés et armés d’un couteau seraient entrés dans le centre, auraient ligoté les deux aides-soignantes sans dire un mot et seraient repartis quelques minutes plus tard, apparemment sans rien voler. Pour l’heure, leurs motivations restent inconnues.

Pour entrer à l’intérieur du bâtiment, un badge d’accès est obligatoire et les grilles d’entrée sont protégées par un digicode. Seules les familles de 86 résidents sont supposées le connaître. Un agent de sécurité a été posté à l’entrée de la maison de retraite, gérée par la société Spheria Val de France.
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>> Lire aussi notre décryptage du jour : “Comprendre la révolution du genre”

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