Débriefing de la semaine : fiasco au G7, accident mortel dans un ascenseur à Argenteuil, la réforme de la SNCF adoptée par le Sénat7 minute(s) de lecture

10/06/2018
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Ce qu’il faut retenir du G7

Fiasco total pour ce G7. Après s’être éclipsé pour préparer sa rencontre avec Kim Jong-un lundi, Donald Trump a fait volte-face samedi 9 juin contre ses alliés d’Europe et du Canada, en retirant son soutien à la totalité de la déclaration commune qui venait d’être effectuée. En plus des Etats-Unis, le Canada, le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne, l’Italie et le Japon étaient réunis à La Malbaie, au Québec, pour leur première confrontation à sept depuis l’imposition par Washington de tarifs douaniers sur l’acier et l’aluminium étrangers.

 

A peine parti, Donald Trump a donc brusquement retiré son soutien au communiqué final du sommet de deux jours. Sa délégation et lui-même avaient pourtant donné leur aval à ce document en 28 points péniblement négocié. Les dirigeants s’étaient notamment mis d’accord sur la nécessité d’un “commerce libre, équitable et mutuellement bénéfique” et sur l’importance de la lutte contre le protectionnisme. Mais Donald Trump a justifié ce camouflet infligé aux vieux alliés des Etats-Unis par des propos de Justin Trudeau, l’hôte du sommet, lors de sa conférence de presse de clôture.

Le président américain a tweeté depuis son avion Air Force One : “En raison des fausses déclarations de Justin à sa conférence de presse, et du fait que le Canada impose des taxes massives sur nos agriculteurs, travailleurs et entreprises américains, j’ai demandé à nos représentants américains de retirer le soutien au communiqué (…)”.

Le Premier ministre du Canada, pays frappé comme l’Europe et le reste du monde de nouveaux droits de douane américains sur l’acier et l’aluminium, a redit à cette occasion que ces taxes étaient “insultantes”, au regard de l’histoire entre les deux pays. Comme l’Union européenne, il a confirmé des représailles dès juillet.

 

Donald Trump a également renouvelé sa menace de tarifs sur les voitures européennes et étrangères importées aux Etats-Unis. Un secteur qui pèse bien plus que celui des deux métaux jusqu’à présent concernés, puisque les Etats-Unis sont le premier marché étranger pour les marques européennes de voitures.

L’Allemagne est particulièrement inquiète : les automobiles représentent en valeur le quart de ce que le pays exporte vers les Etats-Unis. La part de marché des marques allemandes pour le segment des voitures haut de gamme y dépasse 40%, selon la fédération automobile allemande (VDA). Les droits de douanes actuels sont effectivement différents entre l’UE et les Etats-Unis. L’Europe taxe les importations de voitures hors-UE, donc américaines, à 10%. Aux Etats-Unis, les Audi, Volkswagen et autres voitures étrangères sont frappées d’une taxe de 2,5%.

 

Autre point important : le Japon et les Etats-Unis ont refusé samedi de signer un nouvel engagement du G7 contre la pollution des océans par le plastique, un sujet qui a divisé le groupe encore plus que le commerce ou le changement climatique.

Canada, France, Allemagne, Royaume-Unie et Italie, ainsi que l’Union européenne, ont souscrit à une nouvelle charte contre la pollution plastique des océans, contrairement au Japon, qui s’est joint à l’opposition des Etats-Unis. Selon Angela Merkel et Emmanuel Macron, la nouvelle “charte”, qui n’avait pas encore été publiée par les organisateurs canadiens du sommet samedi soir, prévoit de passer au recyclage de 100% des plastiques à l’horizon 2030, et à développer autant que possible les alternatives aux emballages plastiques.

L’engagement des quatre pays européens s’inscrit dans celui de l’UE, dont la Commission a proposé fin mai l’interdiction des produits plastiques à usage unique et un objectif de recyclage de 90% des bouteilles en plastique d’ici 2025.

 

Les Européens ont rapidement enterré l’idée, proposée par Donald Trump, d’un retour de la Russie au sein du groupe dont elle a été exclue en 2014 après l’annexion de la Crimée. “Un retour de la Russie dans le format G7 n’est pas possible tant que nous ne verrons pas de progrès substantiels en relation avec le problème ukrainien”, a déclaré Angela Merkel.

 

Ce que l’on sait de la mort d’un enfant de 5 ans dans un accident d’ascenseur à Argenteuil

La mort d’un enfant de 5 ans dans un accident d’ascenseur, vendredi 8 juin à Argenteuil (Val-d’Oise), continue de susciter l’émotion mais aussi l’incompréhension. Une enquête a été ouverte et confiée à un juge d’instruction pour déterminer les causes du drame et plusieurs témoins ont été entendus dimanche.

Il est 18h40, vendredi 8 juin, lorsque qu’une mère, accompagnée de sa sœur et de ses quatre enfants, font leurs courses dans le centre commercial Côté Seine. Le groupe se rend au premier étage et prend l’ascenseur. L’enfant s’apprête à franchir le seuil de la cabine, mais l’appareil s’effondre. La cabine tombe d’environ deux mètres alors qu’il n’a pas encore complètement franchi le seuil de l’appareil. Le petit garçon, âgé de 5 ans, se retrouve coincé au niveau du thorax et meurt sur le coup.

Trois ou quatre personnes se trouvaient par ailleurs encore dans la cabine au moment de la chute. L’ascenseur étant équipé de vitres transparentes, de nombreux témoins assistent aussi à l’horreur. Un millier de personnes sont évacuées et une cellule d’urgence médico-psychologique est mise en place. Le centre reste fermé tout le week-end, et rouvrira lundi, tandis que l’ascenseur sera dissimulé par un coffrage.

Au lendemain du drame, une enquête préliminaire pour homicide involontaire a été ouverte. Elle doit déterminer si l’ascenseur en question était bien conforme. Le centre commercial avait récemment fait l’objet d’une visite de la commission de sécurité et aucune anomalie n’avait été détectée. L’enquête doit désormais s’assurer que l’ascenseur a bien été concerné par cette visite “globale”. Le mouvement de l’ascenseur pourrait être expliqué par le fait qu’il s’agisse d’un appareil hydraulique, qui a pu redescendre vers le bas à cause d’un problème de pression.

L’entreprise Schindler, qui assure la maintenance de l’ascenseur qui a chuté, assure qu’elle “coopère pleinement avec les autorités afin d’établir les raisons de l’accident, dont les causes ne sont pas encore connues à ce stade”.

 

L’affaire Alexis Kohler entache l’Elysée

Le secrétaire général de l’Elysée est visé par une plainte pour “prise illégale d’intérêts” et “trafic d’influence” envoyée vendredi 1er juin au Parquet national financier par l’association Anticor. Des perquisitions ont été menées dans ce cadre à Bercy, mercredi 6 juin, dans les bureaux où Alexis Kohler a travaillé en 2012 et 2016.

Cette affaire, révélée par Mediapart, porte sur des soupçons de conflit d’intérêts entre les fonctions exercées par Alexis Kohler dans la fonction publique et ses liens avec l’armateur italo-suisse MSC, qui figure parmi les principaux clients des chantiers navals de Saint-Nazaire.

La mère d’Alexis Kohler est en effet la cousine de Rafaela Aponte, qui a cofondé l’entreprise avec son mari en 1970. Le futur secrétaire général de l’Elysée a lui-même travaillé pour le groupe pendant quelques mois à partir d’août 2016 en tant que directeur financier. L’enquête visera notamment à déterminer si Alexis Kohler a pu favoriser MSC au cours de ses précédentes fonctions à Bercy.

 

La réforme de la SNCF adoptée par le Sénat

Les sénateurs ont voté, mardi 5 juin, le “projet de loi pour un nouveau pacte ferroviaire”. Déjà adopté à l’Assemblée nationale le 17 avril, le texte doit encore être examiné en commission mixte paritaire à la mi-juin.

Si l’issue du débat législatif sur l’avenir de la SNCF se rapproche, la mobilisation des cheminots, qui court depuis plus de deux mois, n’est pas près de s’arrêter pour autant. Les quatre organisations syndicales représentatives du rail ont réaffirmé, jeudi 7 juin, leur volonté de poursuivre la lutte contre la réforme. Les journées de grève prévues jusqu’à la fin du mois de juin sont maintenues, et il n’est pas exclu que le mouvement se poursuive au-delà.

Pour rappel, le projet de loi prévoit trois principales mesures :

  • la disparition du statut de cheminot pour les nouvelles embauches (il est maintenu pour les agents déjà sous contrat) ;
  • le changement de statut de la SNCF en une société anonyme à capitaux publics ;
  • l’ouverture à la concurrence en 2019 pour les trains régionaux (TER, Intercités, Corail…) et en décembre 2020 pour les TGV.

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