Les produits laitiers sont-ils nos amis pour la vie ?5 minute(s) de lecture

11/05/2018
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Un grand verre de lait, un yaourt et une part de fromage : nos amis pour la vie. C’est du moins le message publicitaire de l’industrie laitière depuis les années 80, couplé avec celui du Programme national nutrition santé (PNNS), qui communique à travers la campagne “Manger bouger”, et recommande de consommer au moins trois produits laitiers par jour tout au long de sa vie. Mais, selon certaines études, une telle consommation entraînerait son lot de risques. Alors, amis ou ennemis ? On fait le point.

 
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Nos amis depuis toujours ?

Historiquement, les produits laitiers ont toujours été consommés en France. Le lait est produit dans nos fermes depuis des siècles et la tradition fromagère du pays est bien connue. Mais, au Moyen Âge, les laitages sont surtout consommés à la campagne, là où ils sont produits, car le transport est difficile. Tous les Français n’ont donc pas leurs trois produits laitiers par jour.

Ce ne sera possible qu’à partir du 18e siècle et l’invention de la pasteurisation, qui rend le transport au long cours possible, puis des améliorations dans le domaine de la conservation (emballage Tetra Pak, lait UHT). Si bien que la production augmente considérablement, jusqu’à exploser après la seconde guerre mondiale, une période trouble pour l’alimentation. En 1954, Pierre Mendès France impose le verre de lait sucré à tous les écoliers pour lutter contre la malnutrition, une initiative conduite dans différents pays après la guerre. Mais aussi pour trouver une utilité à la surproduction de lait.

Le secteur n’a jamais cessé de s’accroître. Et depuis les années 80, le slogan est rabâché : “les produits laitiers sont nos amis pour la vie”, avec l’idée qu’il faut en consommer quotidiennement toute la vie pour avoir des os forts. Une théorie remise en cause par de nombreux scientifiques, études à l’appui.

Aujourd’hui, la filière laitière française génère un chiffre d’affaires annuel de 27 milliards d’euros, de quoi être considérée comme un “moteur de l’économie française”.

 

Nos amis toute la vie ?

Le Programme national nutrition santé (PNNS), établi sous l’autorité du Ministère de la Santé, recommande aux enfants, adolescents et personnes âgées de consommer quatre produits laitiers par jour. La raison ? Ils sont source de calcium, important pour la croissance des os mais aussi, lorsqu’on vieillit, pour qu’ils ne se fragilisent pas. Mais ils conseillent également trois produits laitiers par jour à l’âge adulte, pour maintenir le capital de calcium.

Le problème est que, passé l’âge de quatre ans, notre organisme n’est plus fait pour digérer le lait, ou du moins le lactose qu’il contient. Pour absorber le lactose, le corps sécrète une enzyme, la lactase. Celle-ci est très présente à la naissance puis diminue avec l’âge. Ce qui explique les nombreuses intolérances.

 

Risque accru de fractures et cancer

Mais les risques à consommer trop de produits laitiers à l’âge adulte peuvent être plus grands. Des liens ont été démontrés avec certains cancers immuno-dépendants comme celui du sein, des ovaires ou de la prostate. Ainsi, de nombreux diététiciens ne recommandent plus qu’un produit laitier par jour après 50 ans car le lait de vache contient des facteurs de croissance et des hormones, ce qui crée un conflit dans le corps, qui n’a plus besoin de ces hormones après la ménopause et l’andropause.

Toutefois, une trop grande consommation de produits laitiers n’est souvent pas le seul facteur au développement d’un cancer. Cela peut également, entre autres raisons, venir d’une mauvaise hygiène de vie : trop d’alcool, de tabac et pas assez d’exercice physique sur le long terme. Le produit laitier n’est alors qu’un facteur supplémentaire.

Une étude suédoise, menée sur un groupe de 105 000 personnes, pointe également la trop grande consommation de produits laitiers à l’âge adulte, montrant un lien avec les risques de fracture et un taux de mortalité plus élevé, particulièrement chez la femme, plus sujette à l’ostéoporose. En cause selon les chercheurs, le D-galactose contenu dans le lactose qui, s’il est absorbé en trop grandes quantités, provoque des inflammations et fragilise les tissus organiques, notamment les os.

Le D-galactose est peu présent dans les produits laitiers fermentés (yaourt, fromage). Alors il suffirait simplement de réduire sa consommation de lait passé l’âge de 50 ans pour se prémunir contre ces mauvais effets soupçonnés.

 

Une menace pour l’équilibre acido-basique ?

Les produits laitiers, encore une fois lorsqu’ils sont consommés avec excès, peuvent modifier l’équilibre acido-basique du corps, c’est-à-dire le pH sanguin, qui doit osciller autour de 7,4. Lorsque l’on absorbe trop d’aliments acidifiants, le corps stabilise le pH mais ce n’est pas sans conséquences : aggravation des inflammations, épuisement du système nerveux, dégénérescence des ongles, des cheveux et des os, etc.

Les produits laitiers font partie des aliments les plus acidifiants, avec les sucres, céréales, viandes et légumineuses. Les fromages durs et le yaourt sont les produits laitiers les plus acidifiants, à consommer avec modération donc.

 

Un lait qui a perdu en qualité

Finalement, c’est souvent la consommation de lait à l’âge adulte qui peut poser problème, tandis que yaourts et fromages sont moins incriminés, s’ils sont consommés avec modération toujours.

Les diététiciens conseillent également de faire attention à la qualité du lait, qui en perd énormément lorsqu’il provient de vaches traitées par antibiotiques et nourries avec des farines.

 

Par quoi les remplacer ?

Si vous souhaitez réduire ou stopper votre consommation de produits laitiers sans être carencé en calcium, une alimentation variée devrait vous permettre d’atteindre les niveaux recommandés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), à savoir 400 à 500 mg par jour, ou par l’Anses (agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation), qui est de 900 mg pour l’adulte.

Ci-dessous, un tableau répertoriant les plus importantes sources de calcium, selon s’il s’agit de produits laitiers ou non.


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