Sida : idées reçues et choses à savoir7 minute(s) de lecture

23/03/2018
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Aujourd’hui s’ouvre le Sidaction, qui durera tout le week-end. L’occasion de rappeler que, dans le monde, 36,7 millions de personnes sont porteuses du VIH et que la maladie a causé la mort d’un million de personnes en 2016. En France, 150 000 personnes seraient porteuses du virus et plus de 6 000 contaminations ont lieu chaque année. Si l’on en parle moins, le Sida est toujours présent. Et il s’accompagne souvent, pour les jeunes générations, d’un manque d’information et d’idées reçues. Tentons d’y remédier !

 

A savoir : VIH ne veut pas dire Sida

Le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) fragilise le système immunitaire, le rendant plus vulnérable aux infections. Dans les phases les plus avancées de la maladie, n’importe quelle petite infection – dont le corps se serait débarrassé facilement en temps normal – peut se transformer en maladie grave et les médicaments classiques n’ont pas d’effet sur le malade. C’est à partir de ce moment-là qu’on parle de Sida, pour Syndrome d’immunodéficience acquise. Le Sida est en fait le nom de la maladie provoquée par le VIH.

 

A savoir : le Sida peut mettre dix ans à se manifester

L’infection au VIH n’a pas de symptômes qui lui soient propres. Les principaux sont de la fièvre, des douleurs dans la gorge notamment, une grande fatigue. Ces symptômes se manifestent souvent quelques semaines après la transmission. Généralement, ils n’inquiétent pas outre mesure puisqu’ils peuvent correspondre à n’importe quelle infection bénigne. Puis le virus attaque progressivement le système immunitaire de la personne. Un malade peut vivre toute une décennie avec le virus sans le savoir, avant que des symptômes inquiétants n’apparaissent et qu’un diagnostic soit établi. L’enjeu est que, pendant tout le temps où la personne est infectée sans le savoir, elle peut transmettre le virus à ses partenaires. D’où l’importance de faire un test six semaines après chaque rapport non protégé ou accident. En France, 27 % des malades découvrent leur séropositivité à un stade avancé de l’infection, ce qui rend le traitement plus difficile.

 

A savoir : être porteur d’une IST augmente le risque de contracter le VIH

Les personnes qui souffrent déjà d’une infection sexuellement transmissible comme l’herpès ou les chlamydias ont plus de risques de contracter le VIH. En effet, ces maladies provoquent des lésions qui peuvent constituer des entrées au virus. De même, le système immunitaire est fragilisé par l’infection.

 

Idée reçue : les hétérosexuels sont moins concernés par le Sida

On a encore tendance à penser que le Sida concerne majoritairement les hommes homosexuels, comme ce fut le cas au début de l’épidémie. En vérité, aujourd’hui, les homosexuels sont plus sensibilisés à la maladie et à sa transmission. Ils ont donc tendance à prendre moins de risques. Ainsi, en France, 60 % des nouvelles contaminations concernent des personnes hétérosexuelles.

 

A savoir : les femmes ont plus de risques de contracter le VIH pendant un rapport hétérosexuel

Une femme a huit fois plus de risques qu’un homme de contracter le virus pendant un rapport avec une personne infectée. C’est dû au fait que, pendant la pénétration, le vagin subit de petites lésions. Elles sont imperceptibles mais constituent néanmoins une voie d’entrée au virus. Aussi, le sperme est le fluide le plus infectée après le sang.

 

Idée reçue : “on peut attraper le Sida en embrassant un séropositif ou en buvant dans son verre”

Cette idée reçue a la vie dure. Pire, elle progresse chez les jeunes ! Selon une récente étude du Sidaction, 21 % des 15-24 ans pensent que le virus peut se transmettre en embrassant un séropositif (+6 points depuis 2015), et 18 % en entrant en contact avec la transpiration (+8 points depuis 2015). C’est bien sûr faux. Pour rappel, on ne peut PAS être contaminé en entrant en contact avec des fluides comme la salive, la sueur ou les larmes. Les étreintes, les baisers, le partage de verres ou les échanges de couverts ne constituent donc pas des vecteurs de contamination. De même que les caresses sur les parties génitales d’une personne et ce même s’il y a éjaculation. Il y a un risque de contamination lorsque le fluide infecté entre en contact avec des muqueuses ou des plaies ouvertes. Ainsi, le VIH peut bien se transmettre lors d’un rapport bucco-génital.

 

Idée reçue : on ne meurt plus du Sida

Selon l’étude du Sidaction, 26 % des jeunes pensent qu’il existe des médicaments pour guérir du Sida. Soit une hausse de 13 points par rapport à 2009. C’est malheureusement faux. Il est vrai que, grâce à l’évolution des traitements, il est possible de bloquer la multiplication du VIH et donc de vivre avec le virus. L’espérance de vie des patients infectés par le virus du Sida en Europe et en Amérique du Nord a d’ailleurs augmenté d’environ dix ans depuis l’introduction des trithérapies en 1996. Néanmoins, l’efficacité des traitements n’est pas absolue. Une mauvaise observance ou le développement d’une résistance au traitement sont des raisons d’échec. Il s’agit donc toujours d’une maladie mortelle qui ne peut être éliminée complètement de l’organisme. Les traitements actuels permettent seulement de réduire la charge virale et de contenir la maladie.

 

A savoir : quand et comment se faire dépister

Toujours selon l’étude du Sidaction, 14 % des jeunes admettent avoir été exposés au moins une fois à un risque d’être contaminé. Mais seulement 39 % d’entre eux se sont fait dépister. En outre, 42 % des jeunes se disent mal informés sur les lieux de dépistage. Il est donc important de rappeler quand et comment se faire dépister.

Si vous avez eu une relation non-protégée, un accident de préservatif, un rapport à risque ou encore un partage de seringue, vous pouvez vous faire dépister six semaines après le rapport/le risque. Le résultat devra être confirmé par un deuxième test, trois mois après l’exposition.

Pour vous faire dépister, vous pouvez vous rendre dans un centre de dépistage anonyme et gratuit. Ou encore vous faire prescrire une prise de sang (appelée sérologie) par votre médecin traitant ou n’importe quel médecin généraliste, si vous êtes en déplacement par exemple.

Aussi, depuis 2015, l’autotest VIH est accessible sans ordonnance en pharmacie. Il se présente sous la forme d’un kit permettant de détecter dans le sang les anticorps produits après une infection au VIH. Le test est réalisé à partir d’une goutte de sang de votre doigt et le résultat est obtenu en l’espace de 15 à 30 minutes. Ce sont les même tests rapides qu’utilisent les associations de lutte contre le VIH. Ils sont donc absolument fiables. En revanche, ils coûtent une trentaine d’euros en pharmacie. Il est également possible de faire ce test dans les Centres gratuits d’information, de dépistage et de diagnostic (CeGIDD) ou auprès des associations de lutte contre le Sida. Vous pouvez savoir lesquels en sélectionnant “tests rapides” dans l’annuaire du Sida Info Service. En revanche, associations sont habilitées à pratiquer ces tests rapides seulement pour des publics particuliers (homosexuels et bisexuels, migrants, personnes précaires, travailleurs-euses du sexe).

 

Traitement post-exposition et PrEP

Il est également bon à savoir qu’il existe un Traitement post exposition (TPE), qui permet de réduire fortement les risques de contamination. Pour l’obtenir, il faut se rendre dans un service d’urgences le plus rapidement possible. Idéalement dans les 72 heures après la situation à risque. Un test rapide sera alors pratiqué. Ce traitement d’urgence bloque la multiplication du virus et empêche sa dissémination dans l’organisme et donc la contamination. Pour cela, trois médicaments antirétroviraux sont administrés. A noter qu’il s’agit d’un traitement lourd avec de nombreux effets secondaires. Il ne peut être délivré que par un médecin à l’issue d’un entretien. Il doit être pris pendant 28 jours puis assorti d’un suivi médical et de prises de sang régulières pendant six mois. Ce recours est donc indiqué uniquement pour un risque isolé et exceptionnel.

Dans le cas où un risque serait pris régulièrement, il existe un autre traitement  : le PrEP (Prophylaxie pré-exposition). Il est indiqué pour les personnes séronégatives exposées à un risque de transmission. En France, 5 000 personnes suivent ce traitement préventif.
 
 

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